Attaque du village de Majastre par des brigands du Var |
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Le 27 fructidor an 8 (14 septembre 1800) le village de Majastre est envahi par une trentaine de brigands. Selon la déposition de Jean Pierre PONS dit "Turrier" dans la procédure, faisaient partie de ce groupe commandé par Félix BARTHELEMY de La Valette, Jean Baptiste MOUTTE dit "Arben", Laurent SILVY dit "Le Duc", Martin BLANC dit "Archier" d'Auriol, Toussaint REVEST de Trets, Antoine REVEST de Tourves, OLIVIER de Peyrolles, VAISSE de Salon, et de Pourrières Trophime ROMANES, François SUMIAN, Christophe RIGAUD, François ROBERT, Joseph BRIDON, Blaise GAUTHIER, Louis CLEMENCE beau frère de SILVY dit "Le Duc", Pascal ICARD L'attaque a été préparée probablement à Beauvillard, dans les bois d'Ollières par Félix BARTHELEMY, GAZAGNE de Ginasservis et Marcel BLANC dit "Archier" d'Auriol. Quelques jours plus tôt, la troupe quitte son refuge à Ollières et vient coucher à la bastide de Jean Baptiste MOURRON, dit le Ménager, au Plan de Brauc, commune de La Verdière, appelée la Grande Bastide. Ledit Ménager, quinquagénaire, est père de cinq garçons et quatre filles : « Tout le monde, selon Jean Pierre PONS dit "Turrier", servait les brigands dans cette famille ». Guidée par Augustin MOURRON, le fils aîné de Jean-Baptiste MOURRON, la troupe franchit le Verdon par un gué près d’une chapelle – vraisemblablement la chapelle de Sainte-Maxime – puis se rend à la bastide de Joseph MASSEBOEUF dite du Quartier au Plan de Quinson. C’est un valet du ménager de cette bastide qui la conduit à Brunet, à une heure de distance à cheval. Selon Jean Pierre PONS dit "Turrier", les brigands seraient restés trois jours dans cette bastide et c’est son berger, un jeune homme de 22 ans, qui les conduit au village de Brunet. Profitant des trois jours, GAZAGNE de Ginasservis, aurait marqué les maisons où se rendre. De là, en traversant les plaines, la bande se porte à la bastide de Carbonel, sur le terroir de Moustiers, à proximité de la route qui conduit à Estoublon. Elle y passe la nuit et tout le lendemain. Gouin, fils d’un boucher, et Pierre Roux dit Castillon, l’un et l’autre de Moustiers, rejoignent la troupe. C’est de là que la bande lance son incursion sur Majastres en passant par la montagne. Les deux de Moustiers leur auraient dit qu’ils se trompent de route et qu’il faut prendre à droite. Arrivée à Majastres, la troupe terrorise la population villageoise, vole, pille et tue durant trois heures. Dans son ouvrage, l’abbé Maurel décrit l’opération de bouclage du village qui a précédé les scènes de violence : Déjà, la plupart des hommes valides de ce minuscule village étaient aux champs. Ceux qu’on rencontrait sortant du hameau étaient contraints de s’en éloigner par les brigands postés aux alentours, qui leur enjoignaient de poursuivre leur chemin. Ceux qui se trouvèrent encore dans le village, furent, pour ainsi dire, faits prisonniers dans leur propre demeure car le chef avait donné pour consigne : « Que chacun rentre chez soi », et pour faire exécuter cette consigne, il avait eu soin de placer une sentinelle, arme au bras, à chacune des issues du modeste village, avec ordre de faire feu sur quiconque sortirait de sa maison. Quatre de ces coupe-jarrets occupent le chemin qui domine le village, le reste de la bande se répand dans les habitations. Joseph GUICHARD est tué – son épouse Marie Claire DAUMAS décède quatre mois plus tard à Majastres à l’âge de 18 ans – ainsi que Suzanne BERAUD, une jeune femme de 28 ans mère depuis le 14 thermidor (2 août 1800) d’une fille, Marie Madeleine. Selon l’interrogatoire de Pons, le tueur de la jeune femme est le cultivateur Jean Baptiste MOUTTE, dit "Arben", de la bande de Pourrières. Pons déclare en effet que « MOUTTE a assassiné à Majastres une femme qu’il voulait violer : j'ai vu moi-même son poignard encore ensanglanté dans les bastides du plan de Brauc, au retour de cette expédition ». Il le décrit comme un homme de grande taille, très brun, et qui avait « à Majastres les bras nus jusque vers le muscle ». Au retour de l’expédition, la bande de brigands retraverse le Verdon, fait une pause de deux heures avant de se rendre au Plan de Canjuers, toujours accompagnée des deux de Moustiers qui attendent leur part. C’est là que l’argent volé est partagé chacun, déclare Jean Pierre PONS dit "Turrier", reçoit quatre louis et demi ou cinq louis. |
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