JOURDAN Marie dite "La belle marchande"
(1756 - 1803 )
 

Elle est née le 2 mai1756 à Espinouse (aujourd'hui Chaffaut Saint-Jurson) près de Digne.

Marie JOURDAN dite "La belle marchande" tient un cabaret d’Esparron-de-Verdon avec son époux Jean André ARENE.
Complice, elle ravitaille les brigands, leur fournit des indications et recèle le produit des vols.

La justice délivre contre elle un mandat d’arrêt le 23 vendémiaire an 11 (15 octobre 1802) à cause de ses actions en faveur des brigands en l’an 8 et 9. Avant d’être jugée à Digne, elle a été incarcérée durant trois semaines ou un mois, parce qu’elle circulait sans passeport. Elle avait été conduite à Saint-Maximin devant la commission militaire par ordre du général Guillot. Elle déclare lors de son interrogatoire que : Enfin j’obtins ma liberté aux conditions que je quitterais la commune d’Esparron, que j’y vendrais mes biens et me transporterais ailleurs. Ce que j’exécutais sur le champ. C’est pour cette raison qu’elle demeure désormais à Espinouse.

La liste des faits reprochés à Marie Garcin est longue comme un jour sans pain : treize chefs d’accusation, une liste déjà dressée lors du jugement de compétence, celle-ci ayant été confirmée par le tribunal de cassation. Le commissaire constate que l’auberge tenue par Marie Garcin a servi de repaire aux brigands ; qu’elle a participé à des expéditions sous des habits d’homme ; qu’elle a profité des effets volés ; qu’elle a engagé la troupe à commettre des vols, des viols et des assassinats. D’ailleurs, note-t-il, trente-cinq témoins témoignent à charge contre Marie Jourdan : recel de bijoux, renseignements sur les personnes à détrousser, préparation des embuscades, participation aux actions, soin aux brigands blessés, prosélytisme, et même incitation à la débauche : Elle employait la séduction pour procurer aux brigands qu’elle recevait dans sa maison la jouissance de jeunes femmes et de jeunes filles d’Esparron et qu’elle indiquait aux brigands les moyens de se les procurer de gré ou de force.

Dans ses dépositions on peut lire "J’avais connu un qui se faisait appeler Archier et qui s’appelait réellement Boïte. J’avais eu connu son père, lorsqu’il passait à La Bégude. Le citoyen Doléon le connaissait aussi parce qu’il est d’Auriol et que cet Archier en était aussi".

On peut lire dans les déclarations de Jean Pierre PONS dit "Turrier" consignées dans la procédure : « en avait fait de toutes les couleurs jusqu’à s’habiller et se déguiser en homme et commettre des vols sur le grand chemin avec les bandes ». « Cette méchante femme qui a fait plus de mal qu’on ne saurait imaginer et même décrire »

Le 5ème jour complémentaire de l'an XI (22 septembre 1803) à 11h du matin est elle est exécutée à Digne.

 
Acte de décès extrait du registre d'Etat-Civil de Digne