Le baptistère paléochrétien de Saint-Maximin

 
Les baptistères en France
En France, les premiers baptistères ont été bâtis au Vème siècle, au moment ou l'Empire romain d'occident fait place au Moyen Age (le dernier empereur est destitué par les « barbares » en 476). Ce sont ceux de Fréjus, de Poitiers, de Reims, de Limoges et de Saint-Maximin.
Le baptisère de Saint-Maximin

La fouille réalisée d'avril à juillet 1994 par Jean Guyon, Michel Fixot et François Carrazé​ a permis de retrouver les plus anciens monuments chrétiens connus à ce jour dans la commune.

Le bâtiment le plus ancien (probablement du Vème siècle), incomplètement reconnu, large d'une dizaine de mètres, était probablement déjà un lieu de culte auquel on a accolé au siècle suivant (vers le VIe siècle) un baptistère. Les deux bâtiments communiquaient par trois portes.

Le baptistère, fouillé uniquement sur les trois quarts de sa superficie, est un édifice carré d'environ 10m de côté, comportant un déambulatoire de 2m de largeur à l'est et 1.75m au nord et au sud. Ce dernier était séparé de l'espace central par un stylobate en forme de carré supportant des piliers aux angles et deux colonnes sur chacun des côtés. Au centre la piscine hexagonale de 1.43m de diamètre était entourée d'une margelle de 35cm qui pouvait servir d'appui au ciborium.

Localisation de la fouille de 1994 et des autres sites situés à proximité
 
 
Deux phases de construction : le lieu de culte primitif (Ve) et le baptistère accolé (VIe)
 
 
1994 : Vue générale de la fouille
 
cliché A Chéné extrait du bulletin des amis du vieux Toulon, n°117 par Jean Guyon, Michel Fixot et François Carrazé
 
extrait du bulletin des amis du vieux Toulon, n°117 par Jean Guyon, Michel Fixot et François Carrazé).
On remarque à gauche les fondations d'une tourelle d'escalier dont les élévations n'ont jamais été construites. La cuve baptismale est encadrée par un déambulatoire séparé de l'espace central par un stylobate qui supportait des piliers aux angles et des colonnes sur les côtés.
A droite, on distingue une série de tombes sous lauses du cimetière médiéval.
 
1994 : Vue de la cuve baptismale de plan hexagonal
 
photo Jean Guyon
 
1994 : Vue du silo du haut moyen âge
 
photo Jean Guyon
 
1994 : Une colonne du stylobate
 
photo Jean Guyon
 
1994 : Vue du four à cloche
 
photo Jean Guyon
 
1994 : Vue des fondations de la Basilique
 
photo Jean Guyon
 
Restitution du baptistère
 
Esquisse de JM Gassend extraite du bulletin des amis du vieux Toulon, n°117 par Jean Guyon, Michel Fixot et François Carrazé
 
Coupe axionométrique du baptistère accolé à la fin du VIème siècle à l'église primitive réalisée par JM Gassend (bulletin des amis du vieux Toulon, n°117 par Jean Guyon, Michel Fixot et François Carrazé)
 
Coupe longitudinale et niche du baptistère réalisée par JM Gassend (bulletin des amis du vieux Toulon, n°117 par Jean Guyon, Michel Fixot et François Carrazé)
 
Le baptistère d'Aix (13)
Baptistère du VIème siècle qui est un des rares exemples qui nous reste encore en bel état des premières construction chrétiennes.
Certains éléments date du Ier siècle en réemploi.
 
 
Le baptistère de Riez (04)

Le baptistère de Riez est un édifice paléochrétien.

Aucun document ne permettant de fixer la date de construction du baptistère de Riez, sa datation doit être faite à partir des éléments découverts au cours des fouilles archéologiques ou par analogie avec des bâtiments similaires dont on connaît la date de construction.

Son plan rappelle aussi celui du baptistère de Fréjus avec son plan intérieur octogonal présentant une alternance de niches rectangulaires et semi-circulaires.

La date la plus probable de construction devrait se situer entre le VIe et le VIIe siècle. Le baptistère était à l'origine entouré d'un portique.

La première photo représente l'extérieur du baptistère en septembre 1887, la seconde l'intérieur après restauration en 2016.

 
 
Le baptistère de Fréjus (83)
Le baptistère, parmi les plus anciens et les mieux conservés de France, est un rare exemple d'architecture paléochrétienne. Au centre, une cuve à l'origine recouverte de marbre blanc servait au baptème par immersion, selon la pratique primitive de ce rite.
 
 
Le baptistère de Limoges (87)
A l'occasion d'une campagne de fouille lancée en août 2005 que les archéologues ont mis à jour, devant le portail nord de la cathédrale, sur la place saint Etienne, l...es vestiges d'un baptistère, édifice à plus d'un titre remarquable. Il est d'abord très certainement une des plus anciennes constructions de ce genre dans notre pays, les datations au carbone 14 le faisant remonter à une période antérieure à 440 (il a probablement été bâti dans le premier quart du Vème siècle).

Relativement vaste (280 m² de surface au sol), il se développe selon un plan centré de forme hexagonale alors que la plupart des autres baptistères épiscopaux gaulois ont une forme octogonale : c’est un fait rarissime qui témoigne de la notoriété du siège de Limoges.

La piscine, au centre de l’édifice, ouvre sur six pièces quadrangulaires, sortes de chapelles latérales, ce qui est également original. Les fragments de porphyre (pierre vitreuse cristalline) et de marbre retrouvés laissent penser que ces espaces étaient richement décorés.

(Proposition de modélisation EVEHA)

 
 
Le baptistère de Portbail (50)

Ce baptistère paléochrétien daté du Vème siècle a été découvert à l'occasion des travaux de construction de l'école primaire en 1956. Ont été mis à jour, les fondations d'un bâtiment de plan hexagonal de 9 m de diamètre, doté d'une piscine d'environ 1.50 m de diamètre pour 60 cm de profondeur. Le bâtiment était fanqué de deux absidioles.

Le baptême se faisait, à l'âge adulte, par immersion dans la cuve baptismale alimentée avec de l'eau vive. A Portbail l'eau était acheminée par une canalisation constituée de tuiles à rebord scellées au mortier et recouvertes de dalles en pierre. Cette canalisation se prolongeait au sein du bâtiment par un tuyau en plomb qui débouchait au centre de la piscine. Un trop-plein assurait un niveau constant à 45 cm de profondeur. L'évacuation de l'eau était assurée par une canalisation en tegulae. Le sol du bâtiment ainsi que la piscine étaient constitués de dalles de schistes. Les murs étaient recouverts d'un enduit de mortier blanc-rose. L'aspect du bâtiment est inconnu.

La datation de ces vestiges au Vème siècle pose un problème car jusqu'au VIème siècle seul un évêque pouvait baptiser, or les deux évêchées les plus proches de Saint-Lô et Coutances étaient relativement éloignées. Portbail était-elle une résidence saisonière d'un des deux évêques ?